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Petites discussions entre amis

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17 novembre 2012

Les trentenaires, cible marketing de choix pour les publicitaires et industriels

 

80s

Par Sarah Deveaux

Alors que les fêtes de Noël approchent et alors que les GSS et autres magasins mettent en place tous les produits suceptibles de devenir le cadeau idéal pour vos proches, force est de constater que les grandes marques optent depuis quelques temps pour une typologie de produits attirants pour une tranche unique de la population: les trentenaires.

Le vieux téléphone à cadran de votre grand_mère vous manque? Pas de problème, vous pouvez en trouver un qui y ressemble à la Fnac ou chez Boulanger. Seul différence, il sera à touches et sera rangé dans la catégorie des téléphones "design". Oui, car le trentenaire est nostalgique, mais pas moins exigeant.

Ensuite, les editeurs de livres de cuisine, flairant le bon coup, ont sauté sur la furieuse tendance du trentenaire aux plaisirs regressifs. Cobayes tout à fait volontaires, les trentenaires se jettent sur les livres tels que la collection "30 recette cultes" chez l'editeur Marabout qui décline des recettes consacrées à La Vache Qui Rit©, Les Fraises Tagada©, Nutella©, Petit Lu© et plein d'autres. Des marques qui existent encore mais des produits bien ciblés sur ces trentenaires, membres de la génération Y, qui fut la première à être exposée à la surconsommation grâce à la publicité et l'arrivée de méthodes de commerce démocratisées.

meredenis

Les bons publicitaires en appellent aussi aux sens. Récemment, la marque Vedette© a rendu hommage à la Mère Denis, avec une  voix off qui repassait des images en boucle de cette mamie rurale très touchante "On se souvient tous d’elle, de son bon sens, de son amour du travail bien fait.  Elle est toujours présente dans nos coeurs. Oui mais voilà : aujourd’hui elle n’est plus là, et nous le regrettons tous. Alors s’il te plaît Vedette, rends-nous notre Mère Denis !"


Et bien sur, les editeurs et distributeurs de séries et films cultes l'ont bien compris, le trentenaire ne se lasse pas de revoir des épisodes du Prince de Bel-Air©, Arabesque©,  Dirty Dancing© et autres scènes cultes qui ont bercé leur enfance. Erin Meister, New Yorkaise a une théorie sur la question: "J'en parle souvent avec mon mari (qui est un peu plus agé que moi) . Je pense qu'en partie cela a un rapport avec notre  génération qui a grandi avec la capacité de s'exposer aux mêmes choses à plusieurs reprises grâce aux magnétoscopes etc.... La génération précédente n'avait pas tout à fait la même possibilité d'apprendre chaque réplique du film "Grease", comme nous avons pu le faire avec plus de facilité.

Et effectivement, la génération précédente ne recherche pas les mêmes choses. Les quadras et les quinquas, eux, sont plus nostalgiques des valeurs, d'où leur inutilité pour les agences de pub. C'est le cas de cette parisienne, 49 ans,  mère de deux filles d'une vingtaine d'années : "disons que je suis née dans les années 60 mais mon enfance a été plus marquée par les années 70 . Ce qui me rend nostalgique c'est la manière dont les enfants vivaient leurs vacances, leurs rentrées scolaires, les moments merveilleux qu'étaient Noël ou Pâques... Je me souviens de n'avoir jamais dit à ma maman que je m'ennuyais pendant les vacances, je me souviens de la cabane dans les bois que nous avions construite avec la bande de copains que l'on étaient, de ma mère qui nous appelait en hurlant dans le village, du lait que nous allions chercher chez la voisine, de ces noëls où nous attendions nos cadeaux avec impatience ou nous faisions nos "spectacles" avec nos cousins..."

Mais pour ces trentenaires qui ont vu la télé prendre vraiment une place dans les foyers, l'avènement de la portabilité de la musique (walkmans©)  et le début de la consommation de masse,  tout cela de manière douce,  la difficulté tient à se tourner vers un futur incertain. Cette géneration là se plait davantage dans l'apport réconfortant de ses souvenirs d'enfance que la génération suivante, très habituée et peu stressée par les évolutions rapides de la technologie et de la consommation, mais ne souhaite pas revenir aux basiques des valeurs traditionnelles, car cela constituerait, selon elle, une trop forte regression économique.

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13 novembre 2012

Crouching tiger, hidden dragon

Author-Amy-Chua-007

Amy Chua, universitaire Américaine, aurait fait s'étouffer, Françoise Dolto et donné des pulsions de meurtre à Benjamin Spock ( pas le Spock de Star Trek, le pédopsychiatre) avec son livre "l'hymne de bataille de la Maman Tigre*"
Amy Chua, avec sa prose de caporal chef, prône l'éducation à la chinoise, à savoir basée sur la coercition. Selon elle, il faut pousser ses enfants à aller bien au delà de leur propres limites et proscrire toute forme de laxisme dans leur éducation.
 
Jusque là on pourrait se dire que notre société bénéficierait d'avoir des enfants ambitieux et travailleurs qui viendraient prendre la place de tous ceux qui usent et abusent de notre système social.
Tout cela étant dit, la maman tigre préconise quand même au passage des méthodes somme toutes douteuses. L'enfant ne peut aller au lit, même en cas d'extrême fatigue avant d'avoir maitrisé son piano ou son violon (les deux seuls instruments que sa "méthode" autorise et qui constituent les seuls "loisirs" des petits) pas de télé, pas d'internet, pas de soirées pyjamas chez les copines.. En gros, HELL WEEK au GIGN fait figure de semaine au Club Med de Punta Cana à coté.
 
Avec un talent inégalable de provocation, Amy Chua défend cette éducation "à la chinoise" car, elle l'avoue, elle a une peur panique de ce qu'elle voit comme la lente mais certaine décadence de la société.
Pas sur que cet ouvrage prenne une place prépondérante dans le fond des librairies. Même si nous vivons dans une société où les enfants sont rois et ont tendance de manière assez excessive à vampiriser leurs parents, il n'est pas garanti que le retour de l'autoritarisme soit une bonne méthode pour inverser la tendance. 
Cela dit, vous pouvez toujours essayer pour le fun.N'oubliez pas d'y mettre le bon langage très dur à la militiare "t'es nulle, recommence!!! " (il parait selon elle que c'est bon pour eux si ils ont une tendance à la feignantise) et n'oubliez pas l'attitude qui va avec (Amy Chua a refusé une carte d'anniversaire confectionnée par ses filles une fois car elle estimait qu'elle était baclée! ) juste pour voir les résultats que cela aura sur vos enfants. (Je peux déjà vous le dire) 
A défaut d'avoir des enfants bien dans leur peau, vous assurerez une longue liste de clients potentiels à Marcel Rufo!

 *Gallimard

Pour en savoir plus:

extrait d'un entretien avec Aldo Naouri, psychiatre et auteur (entretien du Figaro le 07/11/2011)

«Les parents sont devenus les servants de leurs enfants»

Aldo Naouri, psychiatre et auteur

La sévérité a-t-elle disparu ?

Chez nous, l'enfant est au sommet de la pyramide familiale depuis une cinquantaine d'années. Les parents sont devenus les servants de leurs enfants. Ces derniers sont considérés comme des génies qui vont spontanément exprimer leurs potentialités. Cette idéologie permet de se faire aimer de ses enfants et ils grandissent avec l'idée que tout leur est dû. Attention au revers de la médaille! Ce qui est délicieux à 12 mois devient plus dur à gérer ensuite.

Que pensez-vous de l'autorité version «mère tigre» ?

C'est l'excès inverse de ce que font les parents aujourd'hui dans le monde occidental. Ce livre a sans doute un certain retentissement car il dénonce en creux la façon dont on anesthésie les enfants en les gâtant et en les privant du manque, moteur du désir et du sentiment d'exister. Mais Amy Chua va plus loin. Elle ne se contente pas d'aguerrir ses enfants, elle les rend guerriers. Elle les élève pour la compétition. Certes, cette méthode produit des performances, mais il existe une voie médiane. L'autorité, ce n'est pas l'autoritarisme. Aider ses enfants à réussir, c'est les aider à s'humaniser, à maîtriser leurs pulsions et à vivre avec les autres sans pour autant les écraser. Bref, faire en sorte qu'un enfant trouve sa place.

 

10 novembre 2012

La twitteropathie ou la maladie dite de "l'année électorale"

 

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Par Sarah Deveaux 

Avec la montée en puissance des réseaux sociaux, chaque élection voit un nombre de jolies petites phrases apparaitre à la vitesse de la lumière sur le net et les Etats Unis n'y échappent pas. En France, au mois de Mai, beaucoup twittaient et facebookaient vouloir déménager en Suisse si François Hollande était élu et aujourd'hui, le milliardaire républicain Donald Trump en tête, bon nombre d'Américains veulent migrer vers le Canada puisque Barack Obama a réussi à rester à la Maison Blanche encore quatre ans. Mais à un moment ou les réseaux sociaux sont des élements incontournables du partage et de la diffusion de l'information, ce phénomène est devenu une réelle question de société.

Avocat dans un cabinet spécialisé dans l'immigration au Canada, David Cohen a confié à CNN qu'il se sent un peu comme un psychothérapeute quand il reçoit ces appels téléphoniques de ceux qui se disent "plus en phase avec leur gouvernement." En réalité, peu le font sauf si un enjeu professionnel ou familial vient se greffer à leur colère.

Tous ces coup de gueule que nous avons entendu ici aussi au printemps, soit sur les tweets de célébrités, soit d'amis sur les réseaux sociaux, sont typiques d'une année électorale. Celle des Etats Unis a cette particularité qu'elle opposait cette fois ci un afro-américain soupçonné (information non confirmée) d'être musulman à un mormon conservateur, ce qui l'a rendue plus "sensible" à des réactions épidermiques. 

L'élement racial et l'élement religieux ont été centraux dans cette campagne. Barack Obama, le démocrate, ose imposer des réformes jusque là considérées comme impossible dans un pays capitaliste (rappellez vous la débacle sur la réforme de santé de Bill Clinton). Les réactions ne se sont pas faites attendre. Donald Trump a twitté comme un psychopathe en appellant à ses confrères hommes d'affaires de quitter le pays si jamais Barack Obama devait battre Mitt Romney et les supporters du président sortant n'ont pas hésité à remettre en cause les fondements de la religion du challenger.

Les réseaux sociaux permettent d'être incisif, mais surtout extrêmement rapide dans la diffusion de nos opinions et nous n'y avons pas échappé non plus. Rappelons le twittergate de Valérie Trierweiller, ou comment un moment de colère peut traverser la planète en exactement trois secondes et demie. 

Twitter et Facebook. Les deux vilains. Souvent vilifiés par ceux qui n'en comprennent pas l'utilité, les deux frères ennemis du net peuvent être une arme redoutable dans les deux sens du terme. Bien maîtrisés, il peuvent en effet être un moteur de communication pour une équipe de campagne. A l'inverse, ils peuvent lui être fatals si laissés entre les mains de ceux qui n'ont que très peu de faculté de contrôle de la colère ou de ceux qui ont, somme toute, un humour douteux (un twitter addict  a trouvé le moyen d'annoncer l'assassinat d'Obama l'année dernière, provoquant pendant un temps, une grosse agitation sur les marchés boursiers) 

Au fur et à mesure que les technologies avancent, il sera interéssant de voir comment les futures campagnes vont s'organiser autour de ces outils de travail que sont les réseaux sociaux. Vivement 2016 et 2017.

 

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  • Ancienne Journaliste aux Etats Unis pour le Boston Globe et IDG News Service, passée par la grande distribution de produits culturels, je reviens à mes premières amours et vous propose des papiers sur une variété de sujets.
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