Les trentenaires, cible marketing de choix pour les publicitaires et industriels
Par Sarah Deveaux
Alors que les fêtes de Noël approchent et alors que les GSS et autres magasins mettent en place tous les produits suceptibles de devenir le cadeau idéal pour vos proches, force est de constater que les grandes marques optent depuis quelques temps pour une typologie de produits attirants pour une tranche unique de la population: les trentenaires.
Le vieux téléphone à cadran de votre grand_mère vous manque? Pas de problème, vous pouvez en trouver un qui y ressemble à la Fnac ou chez Boulanger. Seul différence, il sera à touches et sera rangé dans la catégorie des téléphones "design". Oui, car le trentenaire est nostalgique, mais pas moins exigeant.
Ensuite, les editeurs de livres de cuisine, flairant le bon coup, ont sauté sur la furieuse tendance du trentenaire aux plaisirs regressifs. Cobayes tout à fait volontaires, les trentenaires se jettent sur les livres tels que la collection "30 recette cultes" chez l'editeur Marabout qui décline des recettes consacrées à La Vache Qui Rit©, Les Fraises Tagada©, Nutella©, Petit Lu© et plein d'autres. Des marques qui existent encore mais des produits bien ciblés sur ces trentenaires, membres de la génération Y, qui fut la première à être exposée à la surconsommation grâce à la publicité et l'arrivée de méthodes de commerce démocratisées.
Les bons publicitaires en appellent aussi aux sens. Récemment, la marque Vedette© a rendu hommage à la Mère Denis, avec une voix off qui repassait des images en boucle de cette mamie rurale très touchante "On se souvient tous d’elle, de son bon sens, de son amour du travail bien fait. Elle est toujours présente dans nos coeurs. Oui mais voilà : aujourd’hui elle n’est plus là, et nous le regrettons tous. Alors s’il te plaît Vedette, rends-nous notre Mère Denis !"
Et bien sur, les editeurs et distributeurs de séries et films cultes l'ont bien compris, le trentenaire ne se lasse pas de revoir des épisodes du Prince de Bel-Air©, Arabesque©, Dirty Dancing© et autres scènes cultes qui ont bercé leur enfance. Erin Meister, New Yorkaise a une théorie sur la question: "J'en parle souvent avec mon mari (qui est un peu plus agé que moi) . Je pense qu'en partie cela a un rapport avec notre génération qui a grandi avec la capacité de s'exposer aux mêmes choses à plusieurs reprises grâce aux magnétoscopes etc.... La génération précédente n'avait pas tout à fait la même possibilité d'apprendre chaque réplique du film "Grease", comme nous avons pu le faire avec plus de facilité.
Et effectivement, la génération précédente ne recherche pas les mêmes choses. Les quadras et les quinquas, eux, sont plus nostalgiques des valeurs, d'où leur inutilité pour les agences de pub. C'est le cas de cette parisienne, 49 ans, mère de deux filles d'une vingtaine d'années : "disons que je suis née dans les années 60 mais mon enfance a été plus marquée par les années 70 . Ce qui me rend nostalgique c'est la manière dont les enfants vivaient leurs vacances, leurs rentrées scolaires, les moments merveilleux qu'étaient Noël ou Pâques... Je me souviens de n'avoir jamais dit à ma maman que je m'ennuyais pendant les vacances, je me souviens de la cabane dans les bois que nous avions construite avec la bande de copains que l'on étaient, de ma mère qui nous appelait en hurlant dans le village, du lait que nous allions chercher chez la voisine, de ces noëls où nous attendions nos cadeaux avec impatience ou nous faisions nos "spectacles" avec nos cousins..."
Mais pour ces trentenaires qui ont vu la télé prendre vraiment une place dans les foyers, l'avènement de la portabilité de la musique (walkmans©) et le début de la consommation de masse, tout cela de manière douce, la difficulté tient à se tourner vers un futur incertain. Cette géneration là se plait davantage dans l'apport réconfortant de ses souvenirs d'enfance que la génération suivante, très habituée et peu stressée par les évolutions rapides de la technologie et de la consommation, mais ne souhaite pas revenir aux basiques des valeurs traditionnelles, car cela constituerait, selon elle, une trop forte regression économique.



